Les conseils de Jean-David Chamboredon pour lever des fonds

Son point de vue sur les levées de fonds et l'écosystème du financement des startups

Masterclass avec Jean-David Chamboredon

Ayant récemment assisté à une Masterclass avec Jean-David Chamboredon (Président Exécutif d’ISAI et initiateur du mouvement de Pigeons), je n’ai pas loupé une miette de celle-ci et vous retranscris donc mes notes. Au programme : son parcours, le métier de VC, et l’écosystème français et européen du financement des startups.

Je vous laisserai consulter le profil Linkedin de Jean-David Chamboredon pour connaître son parcours, et vous livre donc directement le cœur du sujet :

Le métier de VC

Pour Jean-David Chamboredon, son métier est un métier « bourrin » (selon ses mots !). La première question qu’il se pose est de savoir si investir dans la startup présentée fait partie de son mandat. Lorsque l’on investit l’argent des autres, il est primordial de l’investir dans ce pourquoi on a dit qu’on allait l’investir, et il vaut mieux rater de bons deals car la vraie difficulté est surtout d’éviter les mauvais (deals) !

Les critères d’investissement de ISAI

Il y a trois facteurs importants pour JDC lorsqu’il songe à investir dans une start-up :

  1. L’équipe : Est-ce que les associés ont une vraie complémentarité ? Acceptent t’ils d’être gouvernés de manière collégiale par le board ? Et enfin, est-ce que l’entrepreneur sait être flexible tout en ayant une vraie vision ?
  2. Le Business Model : Est-il progressif ? Si il y a besoin de 10 millions d’euros d’entrée de jeu, ce n’est pas possible. ISAI peut financer à hauteur de 1,3 millions d’euros maximum par startup, ce qui fait monter le tour de table à 2 millions maximum afin d’être lead. Quel est le délai de ROI ?
  3. Le Timing : Jean-David Chamboredon n’investit que dans des histoires qu’il entend pour la première fois. Certains fonds font le contraire et investissent massivement pour récupérer l’avance du premier entrant.

L’écosystème du financement des startups

En France, l’écosystème est plutôt favorable aux startups :

  1. La communauté de Business Angels est développée, et plus nombreuse qu’il y a 10 ans. Elle regroupe principalement ceux ont réussi et sont issus du web 1.0, mais aussi de nombreuses personnes qui ont commencé à investir grâce à la défiscalisation ISF. La situation fiscale est paradoxalement encore plus propice grâce aux engagements pris par François Hollande suite aux assises de l’entrepreneuriat qui a fait suite au mouvement de pigeons.
  2. Concernant les fonds d’investissements Early et Mid-stage (1/3 M€), les investissements ont baissé pour se stabiliser autour de 500 millions d’euros.
  3. Pour des montants supérieurs à 10 millions d’euros, mis à part la BPI, il faut aller à l’étranger.

L’exemple typique est Criteo :

  • 2006 : 6.6 millions de dollars, DInvest Partners et Elaia Partners (France)
  • 2008 : 10.4 millions de dollars, Index Ventures (UK)
  • 2010 : 6.36 millions de dollars, Bessemer Venture Partners (USA)
  • 2012 : 40 millions de dollars, SoftBank Capital (USA)

Sur 18 ou 19 sorties, Jean-David Chamboredon n’a d’ailleurs jamais revendu à des Français car les offres étaient trop basses (ex. Priceminister : Offre Japonaise = 200 millions, offre US = 150 millions, offre FR < 100 millions). Merci à Leeaarn pour l’invitation (l’entrée était gratuite pour les étudiants), le Loft 50 Partners pour l’accueil, et bien sûr à Jean-David Chamboredon pour cette masterclass instructive.

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